25 mars 2017

Entre Baïkal et frontière mongole

La route nous ramène le long du lac Baïkal. Les berges sont magnifiques. Les coins à bivouac sont nombreux, trop nombreux, on ne sait où s'installer! La soirée promet d'être belle et fraîche, une petite bise souffle un peu. On s'installe à l'abri du vent, sous quelques pins. Une voiture de police s'arrête à quelques mètres de nous. Le policier nous parle dans un haut parleur, en russe, nous lui faisons signe que nous ne comprenons rien. Il descend de sa voiture. Do you speak  english? Yes a little ! Et là, grand blanc, il cherche ses mots, mais ça vient pas. On sourit, cherche à l'aider et ça finit dans un grand éclat de rire. Fire fire, arrive t il a dire en montrant un gros nuage de fumée au loin. Ok no fire here. Il nous fait comprendre qu'on doit bien nous enfermer la nuit, pour se protéger de quoi, de qui? On ne le saura jamais. En partant, il se marre et nous mime que nous allons nous cailler!
La nuit fut fraîche en effet, et très calme. Des pêcheurs sont installés à côté de nous. Nous ne les avons même pas entendus arriver. Nous trempons les pieds dans l'eau, wahou! qu'elle est fraîche et pourtant l'eau est si claire et si attirante...
On repart. La route longe le lac et ses plages de sable clair. L'eau transparente nous hypnotise. Un arrêt s'impose. Un léger souffle de vent nous fait supporter une polaire mais l'appel de la baignade est le plus fort. On remet les pieds dans l'eau, les genoux et Christian se lance. Plouf il a plongé,  j'en reviens pas. L'eau est gelée, 15, 16 degrés max. Il sort la tête de l'eau, il n'a plus ses lunettes de vue. En plongeant, il les a perdues. Sans lunettes, il ne voit rien et ne peut les retrouver au fond de l'eau. Me voilà obligée d'y aller aussi. Nous cherchons un bon moment ces foutues lunettes, mais la température de l'eau ne nous autorise pas à rester plus longtemps dans le lac. Les lunettes sont bel et bien perdues! Christian devra se passer de lunettes de soleil  à sa vue le reste du voyage.
Nous continuons notre route jusqu'à Oust Bargouzine, petit village aux rues droites et perpendiculaires. Nous nous écartons du village et bivouaquons sur une belle plage de sable fin. Le vent est tombé, le soleil réchauffe, une baignade s'impose dans ce lieu paradisiaque. Ça fait du bien mais ça refroidit. Il paraît qu'en se baignant dans le Baïkal, on gagne 10 ans d'espérance de vie! C'est toujours bon à prendre ☺
Oust Bargouzine est le point le plus à l'est que nous atteindrons en Russie. Le lendemain, demi tour, direction la Mongolie!
Nous faisons un arrêt où Christian à perdu ses lunettes la veille et grâce à Bouddha nous les retrouvons. Au fond de l'eau, elles n'ont pas bougé. Ce sera notre dernière baignade dans le Baïkal, enfin au moins pour cette année!
A midi, on se régale avec de l'omoul, poisson du Baïkal fumé ou séché. Un délice. Arrivés à Oulan Udé, dernière ville avant la frontière mongole,une vidange moteur s'impose. Ici seule l'huile est facturée, le service est gratuit ! Nous dormons à côté du Datsan d'Ivolga, temple bouddhiste érigé sur demande de Staline en 1946 sur un terrain marécageux !
C'est aujourd'hui que nous rentrons en Mongolie ☺
Je me mélange dans le décompte de km qui nous reste jusqu’à la frontière,  l'émotion sûrement!
18 juin 2016, 13h30 après 10400 km nous arrivons au poste frontalier.  15h40 nous sommes en MONGOLIE
l'Omoul : peu appétissant à 1ère vue mais tellement bon

omoul fraîchement péché

et fraîchement fumé ;)

bivouac
l'eau est fraîche!


bivouac tranquille sous les pins



avant

après

l'hiver sera froid...

terrain de jeu

une p'tite vidange

moulin à prières

Temple d'Ivolga


pédiluve pour voiture, frontière Mongole

Mongolie
 😀

4 déc. 2016

Lac Baïkal : Le delta de la Sélenga

Nous continuons notre route autour de ce magnifique lac. Au sud ouest, la route est coincée entre les rives du Baïkal, la voie de chemin de fer et la montagne. Après nos 2 derniers bivouacs effectués dans de grands espaces, nous nous sentons un peu à l'étroit ici sur la plage de galets d'un minuscule camping, sans sanitaires, où un droit d'entrée de quelques roubles (1.5€) nous a été demandé. En prime le passage régulier des trains et des camions. Le lendemain matin nous repartons plus à l'est, pour rejoindre le delta de la Sélenga. Cette rivière prend sa source en Mongolie et rejette dans le lac son chargement de sable dans un delta large de 35km. On trouve ici de nombreux centres de vacances appelées "bases de repos"(база отдыха). Nous sommes début juin et ces habitations, plus ou moins rustiques, sont encore fermées ou en travaux. L'ambiance y est particulière, on se croirait dans un village abandonné. Un peu plus loin une clairière accueille notre bivouac, au bord de l'eau. Seuls, quelques pêcheurs sur leurs barques et une colonie de mouettes troublent la tranquillité des lieux. Par contre je n'ose imaginer, le même endroit un mois plus tard, lorsque les vacanciers seront arrivés.
Alors que nous dînons, une voiture vient se garer à coté de nous. Des pêcheurs qui vont  mettre leur filet à l'eau. Dans le delta, il n'y a pas de profondeur, ils peuvent marcher dans l'eau assez loin du rivage traînant derrière eux leur filet. La pêche à l'air d'être bonne, Je rassemble dans ma tête quelques mots de russe et m'approche d'eux. Nous échangeons nos bonjours, nos prénoms, j'apprends au passage quelques noms de poissons, nous discutons encore quelques minutes et je repars les bras chargés de gardons, de perches et d'un beau brochet! La nuit commence à tomber, ils allument une cigarette et repartent à l'eau avec leur filet.
Nous nous sentons bien ici, il y a un micro climat au niveau de ce delta, la température est clémente. Nous resterons une nuit de plus à cet endroit. La journée se passe tranquillement, marche, lecture et grillades de poissons :) Le soir, nos pêcheurs reviennent, cette fois ci on a le droit au coup de klaxon et à la poignée de main. Nous leur proposons l'apéro, un seul accepte un verre de Ricard, qu'il boira cul sec et où j'aurai eu tout juste le temps de mettre de l'eau!

Passerelle,dans un état approximatif! je ne me suis pas risquée plus loin!

Le delta de Sélenga

farniente

bivouac

beau et paisible


Christian prêt pour koh Lanta

un régal

Base de repos

Base de repos



camping au bord du lac

5 nov. 2016

Lac Baïkal : île d'Olkhon (Ольхон)

C'est depuis le village de Listvianka que nous ferons connaissance avec le lac Baïkal. Le ciel est gris, le lac aussi mais déjà l’immensité de ce lac nous surprend. Nous passons la nuit sur un parking d'hôtel au bord du lac.
Le Baïkal constitue la plus grande réserve d'eau douce liquide à la surface de la Terre. La transparence de ses eaux est unique et la visibilité parfaite jusqu'à 40 mètres de profondeur. Il s'étend sur une longueur de 636 km avec une largeur variant de 24 km à 79 km. Son volume d'eau (23 600 km3) représente environ 260 fois celui du lac Léman, soit autant que la mer Baltique ou que les cinq grands lacs nord-américains (lac Supérieurlac Michiganlac Huronlac Eriélac Ontario) réunis
Le lendemain, nous décidons de découvrir l'île d'Olkhon. De nombreuses personnes nous ont vanté la beauté de cet endroit alors zou, direction Sakhyourta! Petit port situé à 300 km à l'est d'Irkoutsk où se trouve le départ du traversier qui nous mènera en 20 minutes sur l'île et cela gratuitement.
Il est 19h30 quand nous débarquons. Ici, sur l’île, pas de goudron que des pistes :) Nous nous trouvons un joli bivouac à l'abri du vent dans une petite baie. Un garde passe, nous demande une redevance pour stationner dans le parc national. (entre 4 et 5€). Le lendemain, après une nuit très calme, nous prenons notre p'tit dej sur la plage, au soleil, tranquille! Nous partons ensuite pour une petite ballade à pied sur une colline où se dresse un ovoo, monticule de pierres et de bois et orné de rubans bleus porteurs du symbole Chaman. Le ciel est lumineux, l'eau du lac transparente et on aperçoit au loin des sommets enneigés. Il n'y a personne. C'est magnifique !
Nous nous rendons ensuite jusqu'à Khoujir, seule ville de l'île, par les pistes qui longent le lac avec son eau d'un bleu si profond. On en prend plein les yeux. On se sent si bien ici!
Nous repartons le soir par le dernier traversier, nous sommes la seule voiture à bord alors que de l'autre coté, une longue file de voitures attend pour traverser et passer le we sur l'île.
Nous nous demanderons par la suite, pourquoi nous ne sommes pas restés plus longtemps sur cette île si magnifique, si calme, si zen...
sur le traversier

Bivouac parfait

petit village de vacances

On est pas bien là!

superbe

endroit de zénitude



Khoujir

transparence

pureté de l'eau


arbres à Chaman

27 sept. 2016

Irkoutsk ou l'histoire du visa mongol

Irkoutsk est l'étape incontournable que nous nous sommes fixée. C est ici que nous obtiendrons nos visas mongols.
Nous nous dirigeons donc de bon matin vers le consulat munis de nos passeports, photos et attestation d'assistance. Nous avions lu qu'il fallait 4 à 5 jours pour obtenir les visas or la personne du consulat nous apprend que d'ici 1 heure  ils seront prêts :) Nous remplissons un formulaire et nous nous rendons à la banque voisine régler le montant soit 4760 roubles par personne (200€). Un peu cher mais ainsi nous ne serons pas obligés de revenir à Irkoutsk. Nous allons boire un café et 1h après les visas sont prêts, enfin presque car il y a une erreur dans le prénom de Christian. On attend patiemment que la gentille dame du consulat le refasse. Dix minutes après, les visas en poche nous sortons visiter la ville. Alors que nous cherchons le musée d'histoire de la ville, nous entendons derrière nous une petite voix "Christian, Christian". Ébahis à l'idée de connaitre quelqu'un ici, à 8000 km de la France, on se retourne et oh surprise la dame du consulat. "I'am very happy to see you, oh I'am so happy" ????!!!!!
Euh, oui d'accord mais on se connait si peu! "I make a mistake on your visa on the date". Christian regarde son visa, en effet au niveau de la date limite d'entrée en Mongolie, il y a la date du jour :( On commence à comprendre pourquoi elle si contente de nous voir et pour le coup nous aussi!!! On n'ose imaginer ce qui serait arrivé si le hasard ne l'avais pas mise sur notre chemin. (Car en fait elle rentrait chez elle quand elle nous a aperçu!) Surement des heures et des heures à parlementer à la douane et peut être un aller retour obligé à Irkoustk soit 1000 km de plus pour le refaire ! Nous repassons donc au consulat dans l'après midi faire rectifier le visa.

C'est également à Irkoutsk que l on fera connaissance avec Artem, un russe passionné de 4x4 Toyota. Après avoir longuement échangé avec Christian sur la cylindrée, le type de moteur et l'année de leurs 4x4 respectifs, il nous aidera à trouver une solution pour notre réchaud à gaz. Notre bouteille de camping gaz étant vide, il est impossible d'en trouver une ici et impossible également de la faire remplir. Artem fera son possible, passera un nombre incroyable de coup de fil et finira par nous amener dans un magasin pour acheter un nouveau réchaud avec bouteilles de gaz disponibles en Russie!

Pompiers d'Irkoutsk

Nous ne sommes pas les seuls à obtenir nos visas ici








38 comme Grenoble!

le voyageur

Artem